Frais vélo payés par l'employeur : FMD, vélo de fonction, entretien (2026)

Frais vélo payés par l'employeur : ce qu'une entreprise peut prendre en charge, du forfait mobilités durables au vélo de fonction, entretien et abonnement, en IDF.

Florence a posé la question ce matin, en réunion mobilité avec la direction générale. Quarante-huit ans, DRH depuis six ans dans un groupe de services à Rueil-Malmaison. Cent quatre-vingt salariés. Parkings saturés. Quelques vélos dans le local dédié. Et une question précise, sans fioritures : « Concrètement, qu’est-ce qu’on peut payer comme frais vélo pour nos salariés ? »

Bonne question. Et plus complexe qu’il n’y paraît.

Un employeur peut financer le vélo de ses salariés de deux grandes façons. Première voie : verser un forfait mobilités durables (FMD) pour leur vélo personnel. C’est facultatif, sans minimum ni maximum imposé par la loi, et c’est exonéré de cotisations et d’impôt sur le revenu jusqu’à 600 EUR par an et par salarié (montant 2025, vérifié au 13/06/2026), porté à 900 EUR en cumul avec un abonnement de transports publics. Deuxième voie : mettre à disposition un vélo de fonction appartenant à l’entreprise. C’est en principe un avantage en nature — mais par tolérance officielle, sa valeur est négligée quand le vélo est prêté à disposition permanente. Aucun prix de vélo n’est chiffré ici.

À retenir : FMD pour le vélo personnel du salarié (600/900 EUR exonérés, montant 2025) · Vélo de fonction pour le vélo de l’entreprise (avantage en nature négligé par tolérance BOSS) · Entretien, réparation, assurance possibles côté employeur pour le vélo de fonction · FMD facultatif dans le privé


Sommaire


Quels frais vélo un employeur peut-il vraiment payer ?

Florence n’est pas la seule à poser cette question. Étienne, 52 ans, directeur administratif dans une PME de Issy-les-Moulineaux, a reçu la même demande de ses salariés après la mise en place du plan de déplacement entreprise. Deux salariés voulaient comprendre ce que l’entreprise pouvait prendre en charge. Pas juste la prime, mais tout : l’achat, l’entretien, l’abonnement.

La réponse tient en deux lignes. Un employeur peut financer le vélo de ses salariés selon deux régimes distincts.

Première voie : le FMD. L’employeur verse une allocation forfaitaire au salarié qui vient travailler avec son propre vélo (ou un vélo en location). L’argent va dans la poche du salarié. Le salarié gère son vélo lui-même.

Deuxième voie : le vélo de fonction. L’entreprise achète (ou loue) un vélo et le prête au salarié. Le vélo reste la propriété de l’entreprise. L’entreprise gère l’entretien. Le salarié peut l’utiliser aussi à titre privé.

Ces deux voies ont des règles sociales et fiscales différentes. On va les voir une par une.

Retrouvez l’ensemble des aides à la mobilité vélo décryptées dans tous nos guides vélo entreprise.


Le forfait mobilités durables (FMD) : l’aide vélo de référence

Le FMD est l’outil phare. Il est prévu par le Code du travail à l’article L.3261-3-1, créé par la loi d’orientation des mobilités (LOM). Le régime de l’allocation est fixé aux articles R.3261-13-1 et suivants, dont l’article R.3261-13-2.

Principe simple : l’employeur verse une somme forfaitaire au salarié qui utilise un vélo personnel (ou un VAE, ou un vélo en location) pour ses trajets domicile-travail. L’employeur n’a pas à rembourser frais par frais. Il verse un montant global.

Facultatif — mais très avantageux

Le FMD est facultatif dans le secteur privé. Aucune obligation de le mettre en place. Aucun minimum ni maximum fixé par la loi sur le montant versé.

Mais voilà l’intérêt concret : la somme versée est exonérée de cotisations sociales ET d’impôt sur le revenu jusqu’à 600 EUR par an et par salarié (montant 2025, vérifié au 13/06/2026). La prime carburant incluse dans ce total est plafonnée à 300 EUR. Au-delà de 600 EUR, la partie excédentaire est soumise à impôt et cotisations comme une rémunération ordinaire. Source : Service-Public, fiche F33808 + ecologie.gouv.fr (mis à jour 16/02/2026) + URSSAF.

Le cumul avec les transports publics : 900 EUR

Un salarié qui prend le RER une partie du trajet et finit à vélo peut cumuler les deux prises en charge. Dans ce cas, le plafond global exonéré monte à 900 EUR par an et par salarié — FMD vélo plus remboursement de l’abonnement réunis (montant 2025). Source : Service-Public fiche F33808 + ecologie.gouv.fr + URSSAF.

C’est un levier fort pour les entreprises franciliennes dont les salariés habitent loin : train ou RER sur la longue distance, vélo sur les derniers kilomètres.

Justificatif : pas de facture détaillée

Pour verser le FMD, l’employeur demande une attestation sur l’honneur au salarié, ou un justificatif annuel prouvant l’usage d’un mode éligible. Le FMD peut aussi prendre la forme de titres-mobilité (chèque mobilité dématérialisé). Aucune facture d’achat de vélo à conserver. L’allocation est versée sur la paie ou en titre. Source : art. R.3261-13-2 + fiche F33808.

Pour aller plus loin sur ce dispositif, consultez notre guide complet du forfait mobilités durables. Et pour ne pas confondre le FMD avec l’indemnité kilométrique vélo, qui suit une logique différente (remboursement par km parcouru), la distinction est expliquée en détail dans cette page dédiée.


Le vélo de fonction mis à disposition du salarié

Deuxième voie, différente. L’entreprise achète ou loue un vélo et le met à disposition d’un salarié. Le salarié peut l’utiliser pour aller travailler — et aussi le week-end, en dehors du temps de travail.

Avantage en nature : le principe

Quand un salarié peut utiliser un bien de l’entreprise à titre privé, c’est en principe un avantage en nature (AEN). La mise à disposition permanente d’un vélo — c’est-à-dire que le salarié n’a pas à le restituer le soir ou le week-end — caractérise cet avantage. En théorie, cet AEN est intégré dans l’assiette des cotisations sociales sur sa valeur. Source : URSSAF — Avantages en nature + BOSS.

La tolérance officielle : valeur négligée

En pratique, et c’est le point clé pour Florence comme pour Étienne, il existe une tolérance officielle du Bulletin officiel de la Sécurité sociale (BOSS).

Le paragraphe 945 des avantages en nature le dit explicitement : « Par tolérance, lorsque l’employeur met à disposition de manière permanente d’un salarié un vélo prêté, la valeur de l’avantage en nature constitué est négligée. » Source : BOSS — Avantages en nature, par. 945, consulté 2026-06-13.

Bref. Mettre un vélo à disposition permanente d’un salarié — y compris pour son usage privé — ne déclenche pas de cotisations sociales supplémentaires. Ce n’est pas un plafond en euros. C’est une tolérance administrative. Aucun montant à chiffrer ici.

Cette tolérance est distincte du FMD : on n’additionne pas les deux. Si l’entreprise prête un vélo de fonction ET verse un FMD pour un autre salarié qui a son propre vélo, ce sont deux dispositifs indépendants.

Pour comprendre dans le détail le régime fiscal et social du vélo de fonction, consultez notre page sur le régime complet de l’avantage en nature vélo de fonction.


Entretien, réparation et accessoires : que peut couvrir l’entreprise ?

Linh, 34 ans, responsable RH dans une entreprise de logistique à Cergy, pose la question autrement : « On a acheté des vélos pour six salariés. Qui paie la crevaison ? »

Réponse courte : l’entreprise.

Pour le vélo de fonction : entretien pris en charge

Le vélo de fonction reste un bien de l’entreprise. Comme pour n’importe quel équipement professionnel, l’employeur peut en assumer l’entretien courant, les réparations et l’assurance. Ce n’est pas une dépense soumise à des conditions particulières : c’est la gestion normale d’un actif de l’entreprise.

Concrètement : révision annuelle, remplacement de chambre à air, entretien de la transmission, assurance vol et dommages — tout cela peut figurer dans les charges de l’entreprise dès lors que le vélo appartient à l’entreprise et est prêté au salarié. Périmètre confirmé par le régime des avantages en nature (BOSS / URSSAF Avantages en nature). Aucun tarif n’est chiffré ici.

Pour le vélo personnel du salarié : via le FMD

Le salarié qui gère son propre vélo n’a pas de facture à remettre à l’employeur. Le FMD est forfaitaire : l’allocation sert à couvrir, dans la limite du plafond exonéré, tout ce qui touche à la mobilité (achat, location, entretien, assurance du vélo personnel). L’employeur verse la somme. Le salarié l’utilise comme il le souhaite pour son vélo. Source : art. R.3261-13-2 + fiche F33808.


Abonnement vélo et location longue durée pris en charge

Certains salariés préfèrent louer un vélo plutôt que d’en acheter un. Bonne nouvelle : la location de vélo est éligible au FMD.

L’achat, la location et l’entretien d’un vélo personnel relèvent des frais de mobilité que le FMD vient soutenir forfaitairement. Le salarié qui loue son vélo sur l’année peut bénéficier de l’allocation au même titre que celui qui en a acheté un.

Et si ce même salarié prend aussi le Transilien ou le RER pour une partie de son trajet, le cumul entre FMD et remboursement de l’abonnement de transport relève du plafond porté à 900 EUR par an (montant 2025). Source : Service-Public fiche F33808 + ecologie.gouv.fr + URSSAF.

Pour mesurer ce que ces prises en charge représentent en économies réelles pour vos salariés, consultez notre page sur les économies réalisées par vos salariés vélotafeurs.


Ce qui reste à la charge du salarié

Il y a des limites claires. Et elles sont utiles à connaître pour éviter les erreurs de mise en place.

Les modes exclus du FMD

Le FMD ne couvre pas tous les modes de déplacement. Sont exclus : la voiture personnelle (sauf covoiturage ou véhicule électrique dans certaines conditions), la moto personnelle, le taxi et les VTC, le train, et la marche à pied. Un salarié qui vient en voiture depuis Versailles ne peut pas percevoir de FMD pour ce trajet. Source : Service-Public fiche F33808, consulté 2026-06-13.

Le FMD n’est pas l’obligation des 50 %

Attention à ne pas confondre. L’obligation des 50 % concerne la prise en charge de l’abonnement de transports publics (Navigo, etc.) — c’est un dispositif distinct, et là il est obligatoire. Le FMD vélo, lui, reste facultatif. L’entreprise qui ne met pas en place le FMD n’est pas en infraction — elle rate juste un outil avantageux pour elle et ses salariés.

Pour découvrir d’autres leviers : les autres primes vélo employeur disponibles complètent le FMD sur des angles différents.


Mettre en place ces prises en charge pour vos salariés en Île-de-France

Florence a quitté la réunion avec un plan en trois points : lancer le FMD pour les salariés qui viennent déjà à vélo, commander quelques vélos de fonction pour ceux qui habitent à moins de dix kilomètres, et intégrer l’entretien dans les charges courantes de l’entreprise.

Simple à énoncer. Moins simple à déployer sur cent quatre-vingt personnes.

Les questions pratiques sont souvent là : quel montant de FMD fixer ? Comment justifier le dispositif en paie ? Quel type de vélo de fonction pour quels usages en IDF ? Faut-il un accord collectif ou une décision unilatérale suffit ?

Un moniteur titulaire du CQP Animateur Mobilité à Vélo (certification professionnelle RNCP40916) peut accompagner cet audit de mobilité, aider à identifier les profils de salariés éligibles et structurer le déploiement. L’intervenant travaille à partir de l’analyse réelle des trajets de vos équipes — pas d’un modèle générique.

Pour cadrer votre démarche en Île-de-France, un audit vélotaf pour votre entreprise en IDF permet de partir sur des bases solides : trajets réels, modes de déplacement actuels, salariés éligibles au FMD, budget projeté.

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Côté employeur, un diagnostic vélotaf en entreprise cadre ce qui est finançable et comment.

Questions fréquentes

Quels frais de vélo un employeur peut-il prendre en charge ?

Deux voies principales : verser un forfait mobilités durables (FMD) pour le vélo personnel du salarié, ou mettre à disposition un vélo de fonction (vélo de l’entreprise). Ces deux dispositifs obéissent à des régimes sociaux et fiscaux distincts. Source : Service-Public fiche F33808 + BOSS par. 945, consulté 2026-06-13.

Un employeur peut-il payer le vélo d’un salarié ?

Oui, de deux façons. En versant un FMD (facultatif, sans minimum ni maximum imposé) pour le vélo personnel du salarié. Ou en prêtant un vélo de fonction appartenant à l’entreprise — avec une tolérance officielle sur l’avantage en nature. Source : Code du travail art. L.3261-3-1 + BOSS par. 945, consulté 2026-06-13.

Le forfait mobilités durables est-il obligatoire pour l’employeur ?

Non. Le FMD est facultatif dans le secteur privé. L’obligation des 50 % concerne la prise en charge des abonnements de transports publics — c’est un dispositif distinct du FMD. Source : Service-Public fiche F33808, consulté 2026-06-13.

Combien l’employeur peut-il verser de FMD vélo exonéré ?

Jusqu’à 600 EUR par an et par salarié (montant 2025, vérifié au 13/06/2026), dont 300 EUR au maximum au titre de la prime carburant. Ce plafond monte à 900 EUR par an en cas de cumul avec la prise en charge d’un abonnement de transports publics. Source : Service-Public F33808 + ecologie.gouv.fr (16/02/2026) + URSSAF.

Un vélo de fonction est-il un avantage en nature ?

En principe oui, quand le salarié peut l’utiliser à titre privé. Mais par tolérance officielle (BOSS par. 945), la valeur de cet avantage est négligée quand le vélo prêté est mis à disposition permanente. Ce n’est pas un plafond chiffré : c’est une tolérance administrative. Source : BOSS, Avantages en nature, par. 945, consulté 2026-06-13.

L’entreprise peut-elle rembourser l’entretien d’un vélo ?

Pour un vélo de fonction (bien de l’entreprise), oui : l’employeur peut prendre en charge l’entretien, la réparation et l’assurance du vélo qu’il prête. Côté FMD, ces frais relèvent du forfait dans la limite du plafond exonéré. Source : BOSS par. 945 + Service-Public F33808, consulté 2026-06-13.

Questions fréquentes

Quels frais de vélo un employeur peut-il prendre en charge ?
Deux voies principales : verser un forfait mobilités durables (FMD) pour le vélo personnel du salarié, ou mettre à disposition un vélo de fonction (vélo de l'entreprise). Ces deux dispositifs obéissent à des régimes sociaux et fiscaux distincts. Source : Service-Public fiche F33808 + BOSS par. 945, consulté 2026-06-13.
Un employeur peut-il payer le vélo d'un salarié ?
Oui, de deux façons. En versant un FMD (facultatif, sans minimum ni maximum imposé) pour le vélo personnel du salarié. Ou en prêtant un vélo de fonction appartenant à l'entreprise, avec une tolérance officielle sur l'avantage en nature. Source : Code du travail art. L.3261-3-1 + BOSS par. 945, consulté 2026-06-13.
Le forfait mobilités durables est-il obligatoire pour l'employeur ?
Non. Le FMD est facultatif dans le secteur privé. L'obligation des 50 % concerne la prise en charge des abonnements de transports publics — c'est un dispositif distinct du FMD. Source : Service-Public fiche F33808, consulté 2026-06-13.
Combien l'employeur peut-il verser de FMD vélo exonéré ?
Jusqu'à 600 EUR par an et par salarié (montant 2025, vérifié au 13/06/2026), dont 300 EUR au maximum au titre de la prime carburant. Ce plafond monte à 900 EUR par an en cas de cumul avec la prise en charge d'un abonnement de transports publics. Source : Service-Public F33808 + ecologie.gouv.fr (16/02/2026) + URSSAF.
Un vélo de fonction est-il un avantage en nature ?
En principe oui, quand le salarié peut l'utiliser à titre privé. Mais par tolérance officielle (BOSS par. 945), la valeur de cet avantage est négligée quand le vélo prêté est mis à disposition permanente. Ce n'est pas un plafond chiffré : c'est une tolérance administrative. Source : BOSS, Avantages en nature, par. 945, consulté 2026-06-13.
L'entreprise peut-elle rembourser l'entretien d'un vélo ?
Pour un vélo de fonction (bien de l'entreprise), oui : l'employeur peut prendre en charge l'entretien, la réparation et l'assurance du vélo qu'il prête. Côté FMD, ces frais relèvent du forfait dans la limite du plafond exonéré. Source : BOSS par. 945 + Service-Public F33808, consulté 2026-06-13.
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